Un émotionnel intense un peu à la traine

L'expression de l'émotion

Il est une idée préconçue selon laquelle les autistes seraient affublés d’une pauvreté émotionnelle. Ce qui évidemment n’est pas exact (si on l’entend de manière littérale) mais trouve certainement son origine dans les particularités suivantes :

Ces particularités sont pourtant plus le reflet d’un problème de reconnaissance, d’anticipation, d’ajustement et de régulation des manifestations émotionnelles que d’un manque d’émotions. Elles induisent une perception et un décodage de l’environnement social plus lent et une réponse pas toujours adaptée et souvent atypique.

C’est ainsi que l’on se retrouve souvent confrontés à des exagérations et des drôleries du mode expressif : sourire associé à un froncement de sourcils ou rires inappropriés au contexte, à des peurs soudaines ou des crises de colères qui semblent inexpliquées ; ou au contraire à une impression d’indifférence à la souffrance ou la joie des autres.

Toutes ces difficultés amènent beaucoup d’incompréhensions, voire de frustrations, entre l’enfant et ses proches et l’on remarque bien que les émotions de l’enfant sont très vives et qu’il est loin d’en être dépourvues. Ce développement particulier engendre souvent une maturité émotionnelle plus tardive.

Relations et habiletés sociales

Une autre des difficultés, qui pourrait passer pour de l’indifférence mais n’en est pas, est en partie liée au fait qu’un enfant autiste ne sait généralement ni initier une activité sociale, ni de quelle manière l’échange doit fonctionner, ni comment il doit être maintenu. Cependant, l’attachement et la qualité de l’environnement familial sont des éléments qui motivent votre enfant et peuvent grandement vous aider pour l’accompagner dans son apprentissage de l’échange relationnel.

La gestion de l’émotion passe tout d’abord par un apprentissage de l’émotion elle-même. Vous pouvez montrer à votre enfant des images représentant différentes expressions. Au début, commencez par la joie, la peur, la tristesse et la colère. Ensuite, vous pouvez travailler avec des images représentant de courtes séquences qui permettent de comprendre la relation de cause à effet (deux enfants veulent le même jouet, ils tirent chacun le jouet par une de ses extrémités > le jouet se casse > les enfants sont tristes).

Je vous recommande un excellent livre qui permet de travailler cet apprentissage : Apprendre aux enfants autistes à comprendre la pensée des autres  de Patricia Howlin, Simon Baron-Cohen et Julie Hadwin, (Editions De Boeck).

La première de l’ouvrage partie permet de comprendre la théorie de l’esprit. On y trouve d’ailleurs une petite histoire imagée (Sally et Anne), qui aide à mieux intégrer la difficulté de l’enfant.

La partie 2 se consacre à l’enseignement des émotions et est divisée en cinq niveaux : La reconnaissance d’expressions faciales à partir de photos / La reconnaissance d’émotions à partir de visages schématisés / L’identification des émotions provoquées par des situations / L’identification des émotions basées sur des désirs / L’identification des émotions basées sur des croyances.

Ce livre de plus de trois cent pages comprend de nombreuses histoires représentées par une ou deux images où les personnages n’ont aucune expression (visage blanc), en dessous de chaque histoire se trouvent deux ou quatre vignettes représentant les expressions (apprises dans le niveau 2), l’adulte (aidé par le livre) raconte l’histoire à l’enfant qui doit ensuite deviner ce que ressent le personnage en pointant l’expression appropriée. Ensuite, l’adulte incite l’enfant à commenter l’émotion choisie.

Des exemples de formulaires de suivi d’activité se trouvent en annexe et permettent d’évaluer l’évolution de votre enfant.

À la maison, n’hésitez pas à expliquer à votre enfant les situations qui se présentent et qu’il semble ne pas avoir comprises. Devenez son coach social.

Vous pouvez également vous appuyer sur l’article Habilités sociales : le super-pouvoir de la bande dessinée. Il vous aidera à réaliser les exercices selon le modèle de ce livre de manière ludique avec la possibilité d’utiliser les intérêts spécifiques de votre enfant.

Un autre moyen de soutenir votre enfant est de l’aider à mieux gérer son propre état émotionnel. Le B.A BA : rendre ses journées prévisibles.

Pour cela, il vous faut mettre en place un planning visuel. Ce dernier va l’aider à mieux structurer intérieurement ses journées, à mieux accepter les moments de transitions et à devenir plus autonome.

Pour vous aider à le réaliser, vous trouverez en bas de page le lien vers le guide du blog.

Celui-ci contient :

> une fiche explicative qui vous permettra :

  • de comprendre l’utilité de l’emploi du temps visuel
  • d’ajuster le planning aux besoins et à l’âge de votre enfant
  • d’utiliser de bonnes stratégies associées

> des planches de pictogrammes pour illustrer chaque activité

Il sera temps pour vous d’expérimenter ! Faites-moi alors part de vos remarques pour enrichir ces éléments. 🙂

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