Lorsque les difficultés sensorielles amènent une hypersensibilité tactile, l’habillage devient un véritable cauchemar. Et ce d’autant plus que la fluctuation entre hyper et hyposensibilité a de quoi nous rendre chèvre.

Trouble tactileUn vêtement accepté au magasin ne sera peut-être jamais porté ou seulement réclamé lorsqu’il sera trop petit, un habit supporté pendant des mois sera tout à coup refusé.

Avec le temps, on apprend à connaître les besoins de son enfant. Quelles sont les matières qu’il supporte ; où ne doivent pas se trouver les coutures, les boutons métalliques et froids, les élastiques, les étiquettes. Quelle sensation a sa préférence : port ample ou très serré. Le sèche-linge qui resserre les fibres et les adoucit peut d’ailleurs devenir notre allié comme notre pire ennemi, le linge d’occasion donné par un(e) ami(e) une bénédiction.

Mais malgré tous ces ajustements, il se peut que l’habillage reste difficile.

Une diète sensorielle serait la bienvenue mais malheureusement, en France, il est encore très compliqué de pouvoir bénéficier de ce genre de programme pour nos enfants par manque de spécialistes formés et de structures adéquates. Vous pouvez voir ci-dessous à quoi ressemblent par exemple les programmes mis en place outre-Atlantique.

Cependant, une alternative possible est de trouver un ergothérapeute qui puisse prendre votre enfant en séance de manière exceptionnelle afin de réaliser un bilan avec lui. Il vous montrera quelques petits exercices que vous pourrez mettre en place vous-même à la maison et surtout comment utiliser le protocole de Wilbarger notamment avec l’utilisation de la brosse sensorielle.

Le procédé consiste à passer, en une pression assez forte, une brosse spéciale sur les bras, le dos et les jambes. Le geste doit être effectué en « liaison » de manière enveloppante : la brosse part d’un bras et se termine par la jambe opposée sans avoir été levée.

Pour être efficace, cet exercice très court doit être suivi de compressions au niveau des articulations : hanches, genoux, chevilles, épaules, coudes et poignets. Vous pouvez terminer par deux pressions au niveau des paumes de la main et du pied.

Il est impératif d’être bien formé à cette pratique afin de la réaliser correctement et de ne pas blesser l’enfant.

Si vous souhaitez voir à quoi cela ressemble, voici 2 vidéos explicatives en anglais.

Une fois le geste maitrisé, la réalisation de cette technique ne prend que très peu de temps et offre à l’enfant une meilleure régulation sensorielle pendant une période pouvant aller de deux heures à une demi-journée. La technique est plus ou moins efficace en fonction de chaque enfant mais peut s’avérer d’un grand secours lorsqu’elle fait ses preuves.

Pour ma fille, par exemple, le protocole appliqué le matin suffit la plupart du temps. Il lui permet d’enfiler ses vêtements plus facilement car l’habituation s’effectue, même si elle reste plus lente que pour un enfant qui n’aurait pas ce genre de soucis.

On évite ainsi à l’état de surcharge sensorielle.

Lorsque nous nous réveillons, nous sortons assez rapidement d’une phase dans laquelle nos sens sont au repos et rentrons dans une zone d’activité sensorielle confortable.

 

Surcharge sensorielle

 

En raison de problèmes sensoriels et perceptifs, un enfant hypo-réactif atteindra difficilement sa zone de confort et aura tendance à stagner à un niveau assez bas de vigilance. A l’inverse, un enfant hyper-réactif montera rapidement en zone de très haute vigilance.

Un réveil à la hâte, le froid à la sortie du lit, un brossage de dents et un habillage désagréable qui se prolonge peuvent alors devenir extrêmement envahissants et insupportables pour l’enfant hyper-réactif. Il risque de ce fait d’avoir beaucoup de mal à redescendre dans sa zone de confort.

Pour aller plus loin, je vous invite à consulter le document de l’Institut de Réadaptation en Déficience Physique de Québec (IRDPQ) intégré dans cet article.

 

Il existe un livre formidable traitant des problématiques sensorielles et perceptives : Questions sensorielles et perceptives dans l’Autisme et le Syndrome d’Asperger  de Olga Bogdashina. Cet ouvrage reste pour moi un indispensable. Grâce à lui, j’ai pu mettre le doigt sur des problématiques pourtant simples mais que je n’arrivais pas à voir chez mon fils. Les explications qui s’y trouvent nous obligent à revoir et à comprendre les perceptions autrement et à nous poser les bonnes questions. De nombreuses explications de ces particularités appuyées par des témoignages de personnes autistes, des tableaux et des graphismes en font un ouvrage clair mais également novateur en termes d’approche analytique de l’autisme. Vous y trouverez un nombre de problématiques impressionnantes et parfois peu traitées par ailleurs : perception littérale, gestaltiste, fragmentée, retardée, périphérique, hyper/hyposensibilité, fluctuation de la perception, agnosie sensorielle, vulnérabilité à la surcharge sensorielle, mono-traitement, compensation des sens non fiables par d’autres sens, synesthésie, attention, mémoire, imagination, résonnance, rêverie, généralisation, etc.

Cerise sur le gâteau, des outils d’évaluation vous permettront d’établir le profil sensoriel de votre propre enfant et d’utiliser des techniques appropriées pour l’aider.

LE livre à lire impérativement. Sourire

 

Vous utilisez déjà des protocoles sensoriels à la maison ou à l’école, n’hésitez pas à partager votre expérience dans les commentaires !

Recherches utilisées pour trouver cet article :hypersensibilité aux vêtements que faire?, enfant sensible aux vêtements
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Comment aider votre enfant à supporter ses vêtements

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