Autisme : les premiers signes

Votre enfant n’est pas diagnostiqué ?
AVANT de lire
cet article, je vous invite, si ce n’est pas déjà fait, à remplir les questionnaires d’évaluations que vous trouverez en seconde partie d’article.
Si vous avez des doutes concernant votre enfant, faites votre test en toute transparence, afin de pouvoir y apporter des réponses objectives.
Ne vous laissez pas influencer par les exemples de réponses ci-dessous, ni vous inquiéter inutilement.

Les premières années de mon fils, je me surprenais à épier les comportements des autres enfants de son âge.
Je guettais des signes.
Je sentais que mon fils avait quelque chose de particulier.
Depuis toujours.
Mais quand on toquait aux portes, personne ne nous apportait de réponse.

Les gens pensaient que le problème venait de l’éducation que nous donnions à notre enfant.
A l’époque, j’aurais aimé lire ceci…

Des troubles envahissants...

Les critères diagnostiques reposent sur la dyade (DSM5) qui se définit comme suit :
  • altération de la communication sociale
  • intérêts restreints et stéréotypés
Ces deux seuls critères ne suffisent évidemment pas à étayer tous les comportements des enfants avec un trouble du spectre de l’autisme et à s’en faire une idée claire.
 
La modularité sensorielle (notion d’hyper et/ou d’hyposensibilité) a un impact majeur dans l’apparition de nombreux troubles développementaux de l’enfant et peut donner beaucoup d’indications qui permettent de mettre en évidence certains signaux.
 
Quand on découvre l’autisme en tant que parents, on a besoin d’informations concrètes. D’exemples. Pour mieux comprendre si les singularités de notre enfant sont liés ou non à un trouble du spectre autistique. Nous allons découvrir ci-dessous, point par point quels comportements sont souvent, s’ils ne sont pas isolés, des signes d’alerte.

Le sommeil

Pourquoi commencer par le sommeil ? Parce qu’un bébé ça dort beaucoup. C’est souvent le tout 1er signe qui inquiète (ou berne) les parents.

Hypo

Un bébé autiste peut dormir beaucoup, énormément même, sans être incommodé par la faim ou une couche sale. Ce sont souvent des bébés très sages.

Hyper

L’inverse est vrai, un bébé autiste peut dormir très peu et pleurer des heures durant en restant inconsolable. C’est une épreuve terrible pour les parents.

Les enfants autistes d’âge maternelle peuvent ne pas faire de sieste. Ceux qui dorment à la sieste peuvent avoir un temps de sommeil la nuit extrêmement court.

La régularité du sommeil est variable en grandissant. Des nourrissons trop sages peuvent aussi développer des troubles du sommeil importants dans l’enfance : endormissement tardifs et réveils nocturnes répétitifs.

Important : Un enfant peut alterner entre troubles hyper et hypo en fonction de son âge, de ses sens, de l’environnement…

L’alimentation (goût & odorat)

Toujours en étroite relation avec les aspects sensoriels et perceptifs, l’alimentation peut être perturbée.
 

Hypo

Le nourrisson s’il est hypotonique ou hyposensible peut avoir du mal à téter.
Un trouble de la déglutition est également possible qui peut amener des « fausses routes ».

L’enfant :
 
  • a du mal à sentir où est sa langue dans sa bouche, il avale de grosses bouchées, parfois sans mâcher.
  • porte à la bouche des objets pointus ou encore mange des objets (syndrome pica) ou des substances non comestibles (ex. lèche le savon, le métal, mange le sable…).
  • peut goûter ou jouer avec ses excréments sans dégoût.
  • renifle les objets, les personnes, la nourriture.
  • recherche les goûts très prononcés (ex. plats épicés, ajout de sel…)

L’absence de sensation de faim et de satiété est également possible.

Dysoralité

Hyper

Lors du passage à l’alimentation solide, l’enfant « hyper » en revanche peut :
  •  être gêné par certaines odeurs et certaines textures (ex. l’odeur de l’artichaut qui cuit peut lui donner des haut-le-cœur voire le faire vomir)
  • rejeter certaines couleurs d’aliments ou ne vouloir qu’une seule couleur d’aliments
  • ne pas supporter certaines textures (ex. recracher la purée contenant des morceaux)
  • refuser un plat où les différents aliments se touchent ou sont mélangés

Une surcharge sensorielle enclenche un mécanisme de défense et de rejet. Une absence de sensation en revanche provoque un désintérêt voire une aversion pour une action qui n’apporte ni plaisir, ni sens. Une alimentation sélective se met en place. On parle alors de dysoralité sensorielle.

La vue et l’ouïe

Hyper

Les personnes autistes hypersensibles peuvent souffrir :
  • de la luminosité (ex. demande constamment ses lunettes de soleil, se cache les yeux…)
  • du bruit, ce que l’on appelle une hyperacousie (ex. se bouche les oreilles, essaie de couvrir un bruit ambiant avec d’autres sons, peur des ballons de baudruche qui éclatent, des feux d’artifices, des motos qui démarrent, des chiens qui aboient…)

Une surcharge sensorielle ou encore l’appréhension d’une activité sensorielle ou sociale peut amener certains enfant à fuir leur environnement ou à chercher à se cacher.

Hypo

Un enfant hypo va au contraire :
  • être fasciné par certaines lumières, les jeux de reflets, la brillance des objets (ex. il est fasciné par les larmes, le brillant de l’œil, l’eau qui coule, les feux tricolores, va jouer avec les interrupteurs…)
  • rechercher les bruits forts (ex. coller son oreille contre le haut-parleur de ses jouets, aimer les bruits de sirènes…)

Certains enfants ont de grosses difficultés à reconnaître les visages (Prosopagnosie). Ils s’appuient sur certains repères pour savoir à qui ils s’adressent (coupe de cheveux, bague, etc.). Un changement de repère peut être extrêmement déstabilisant pour eux.

Le regard peut être également fuyant, absent ou encore moins présent que pour un enfant neurotypique (non-autiste). Le regard de l’autre est envahissant pour les personnes autistes et il peut les empêcher de se concentrer lorsqu’ils doivent tenir une conversation. Il est important de ne pas forcer une personne autiste à vous regarder dans les yeux, vous pouvez en revanche, si cela lui pose moins de problème, essayer de lui apprendre à regarder juste à côté (entre les sourcils par exemple). Son interlocuteur devrait n’y voir que du feu.

Le toucher

Hyper

Toujours dans la catégorie des troubles sensoriels, la sensibilité tactile peut être exacerbée. Le message sensoriel est mal interprété par le cerveau. Il n’y a pas d’autorégulation. Le contact physique est difficile et désagréable. Pour certains enfants c’est le contact appuyé qui est insupportable, pour d’autres se seront les effleurements.

Ce sont des bébés/enfants qui :
  • se tiennent de façon raide dans les bras de leurs parents
  •  évitent l’accompagnement gestuel (ex. refuse de tenir la main)
  • ne s’habituent pas au port de certains vêtements (ex. les coutures, étiquettes, élastiques. Certaines matières les empêchent de s’habiller, se coiffer ou encore se laver sereinement…)
  • ne supportent pas certaines textures dans l’environnement (ex. sable sous les pieds, peinture sur les doigts, lavage de mains…)
Hypersensibilité tactile

Hypo

A contrario, certains enfants autistes répondent peu aux sollicitations tactiles. Cette fois-ci, il s’agit d’hyposensorialité. Ces enfants vont être à la recherche de stimuli sensoriels qui répondent à un besoin de ressentir leur corps.
Ils peuvent :
  • jouer à se laisser tomber volontairement (ex. sauter et retomber sur leurs genoux, se taper contre des surfaces…)
  • rechercher le contact appuyé (ex. taper des pieds en marchant, vouloir être serrés très forts…)
  • Avoir besoin de bouger constamment (ex. ne pas tenir en place, faire des bonds, chercher à se balancer, tourner sur eux-mêmes…)
  • Être insensibles à la douleur
  • S’automutiler

La motricité

Les enfants avec un TSA sont souvent malhabiles.

On retrouve chez eux :

  • des difficultés de motricité fine (ex. ouvrir un bouchon, faire ses lacets, écrire, dessiner…) qui sont souvent associés à une dyspraxie.
  • une hypotonicité fréquente (ex. difficulté à pédaler, marche à pied rapidement fatigante…)
  • une énurésie tardive (souvent liée à une hyposensibilité)
  • un manque d’autonomie (ex. mange avec les doigts…)
  • des problèmes proprioceptifs c’est à dire de schéma corporel. Cela entraine des difficultés :
    • de coordination et d’automatisme des mouvements (ex. course instable, posture debout ou assise molle ou raide, danse en dehors du rythme…), 
    • de localisation spatiale (ex. se perd tout le temps, soucis de poursuite oculaire entrainant des problèmes de lecture, parle à proximité des visages…)
    • d’anomalies perceptives  : décalage entre l’information transmise par les sens et les données de l’environnement immédiat (ex. enfant qui a du mal a attraper un objet du premier coup, difficulté à isoler un son du brouhaha, pas de sensation de soif…)
  • des problèmes vestibulaires (oreille interne) : difficultés à se repérer dans l’espace et à percevoir les mouvements (ex. marche sur la pointe des pieds, sensation de vertige quand le pied ne touche plus le sol, aversion pour les balançoires et les échelles, mal des transports…)

Les stéréotypies

Si vous ne connaissez pas ou peu les stéréotypies, vous pouvez dans ce précèdent article en comprendre le mécanisme et quelles réponses y apporter.
 
Les stéréotypies sont des actions involontaires et répétitives qui permettent à la personne de s’autoréguler. Elles permettent de faire retomber une émotion forte (positive ou négative), une surcharge mentale ou sensorielle, une sensation d’ennui.

L’enfant peut :

  • émettre de petits sons (claquement de langues, bruits gutturaux…)
  • Répéter des mots ou des phrases en boucle (écholalie)
  • Détourner l’usage des objets (alignement, focus sur le mécanisme plus que sur la fonction…)
  • bouger ses mains (près de son visage par exemple), les claquer sur ses cuisses, battre des bras… Ce que l’on appelle le handflapping
  • Exécuter un mouvement répétitif avec une partie de son corps (ex. se balancer)
  • Se mettre en hypertension musculaire (ex. crispation de la mâchoire, enlacement contracté des jambes…)

La communication sociale

Ce critère est invariable. Le trouble de la communication sociale est toujours présent chez les personne autistes, c’est la raison pour laquelle il fait partie des critères diagnostiques.
 
La difficulté majeure dans ce domaine est liée à la représentation mentale des intentions des autres et à la réponse qui doit y être apportée. Cette capacité, appelée « théorie de l’esprit » est pas ou peu performante chez l’enfant avec autisme. De ce fait, les codes sociaux leur échappent et l’intégration au groupe social, qui représente une stratégie sociale nécessitant un niveau d’abstraction et de conceptualisation de ses enjeux élevés, devient compliquée.
 
 
Les jeunes enfants perçoivent très vite cette difficulté et ont tendance à rechercher l’échange avec un unique individu plutôt qu’avec un groupe. Ils recherchent aussi plus facilement le contact avec les adultes qui s’adaptent bien mieux à leurs attentes et à leurs besoins.
Ils sont plus facilement attirés par les objets, qui ont un caractère permanent, logique et sans attente sociale (donc apaisant),  que par les personnes. C’est pourquoi, la découverte d’un objet cassé ou fragmenté (ex. petit ourson en gâteau servi au goûter abimé) peut être excessivement perturbante pour l’enfant et générer une crise de larmes.

Ils utilisent parfois la main de l’adulte comme un objet pour obtenir quelque chose.

Le trouble de la communication sociale est accentuée par une attention conjointe peu présente. L’enfant ne regarde pas ou décode mal les éléments d’intentions qui l’entourent : le doigt de la personne qui lui indique quelque chose, la direction de son regard, ses expressions corporelles et faciales.

Par ailleurs, la manifestation de la réponse émotionnelle chez la personne autiste s’auto-régule mal. Cette difficulté peut s’expliquer par le fait qu’une personne avec un trouble du spectre de l’autisme doit régulièrement faire face à des situations (sociales) sur lesquelles elle n’a que peu de contrôle*. Le traitement des informations auxquelles elle est exposée est faussé par un décodage de l’environnement et de la réponse à y apporter peu efficace. Un défaut de maîtrise et de compréhension de la réponse à apporter à une demande est un facteur de stress important chez n’importe quel individu**. 
 
De plus, le facteur de stress peut être cumulatif : altération des informations perceptives et sensorielles, interprétation faussée des demandes, réponses inadaptées à la consigne, mécontentement d’autrui, isolement social, mauvaise estime de soi…

Il est important de comprendre que les personnes autistes souhaitent avoir des relations sociales mais qu’elles les évitent pour contourner une problématique de compréhension de leurs codes. Les personnes autistes ne sont pas moins empathiques que les personnes neurotypiques. Les neurones-miroirs qui avaient, pendant un temps, été portés responsables d’un dysfonctionnement de la réponse émotionnelle et empathique chez la personne autiste ont fait l’étude de recherches qui ont remis en cause cette hypothèse.

Les enfants autistes ne sont pas forcément non verbaux.
Certains ne parlent pas du tout, d’autres très peu. Certains savent lire même s’ils ne parlent pas. D’autres se mettent à parler tardivement. L’utilisation d’images (PECS, Makaton…) permet aux enfants non verbaux qui ne sont pas lecteurs d’établir un système de communication avec les autres.
 
A contrario, il existe aussi des enfants autistes qui parlent, parfois beaucoup même ! Ils ont souvent un langage qui n’emprunte pas les codes des enfants de leur âge (langage soutenu, adulte, technique…) et peuvent avoir une différence de prosodie (rythme saccadé, intonation chantante, voix monocorde…) ce qui contribue à les isoler davantage de leurs pairs.
 
Ils ont tendance à dire ce qu’ils pensent, sans filtre, sans se rendre compte que leurs propos peuvent être choquants ou blessants.
 
Le peu de compréhension des conventions sociales oriente souvent l’enfant vers des comportements sécurisants. Les enfants autistes développent beaucoup de rituels leur donnant la sensation de maitriser leur environnement. Les changements peuvent générer une source de stress importante à laquelle ils réagissent souvent mal.

Les intérêts spécifiques

Ce critère est également invariable. Les intérêts restreints (IR) ou spécifiques (IS) sont des points qui peuvent être des leviers importants de progression vers de nouveaux apprentissages.
Les intérêts restreints/spécifiques sont :
  • perceptifs (ex. regarder les objets tourner, jouer sans cesse avec la lumière ou l’eau…)
  • thématiques (ex. les champignons, les plaques d’égouts, les arrêts de bus, les engins de chantier…)

Les intérêts sont qualifiés de restreints car leur attractivité est forte et mobilise l’enfant, il n’est alors pas disponible pour d’autres apprentissages. Il est intéressant d’ouvrir peu à peu le champ d’apprentissage de l’enfant en utilisant ses intérêts vers de nouvelles connaissances (ex. apprendre les couleurs, la numération, l’alphabet avec les champignons…).

Les intérêts spécifiques s’appuient souvent sur des thématiques peu communes ou sur une de leur particularité (ex. les champignons saprophytes, les horaires complets de chaque arrêt de la ligne de bus numéro 4 de Ville-Aimée, …) pour lesquels l’enfant développe un savoir encyclopédique.

Le soucis du détail est très présent chez les personnes autistes. Elles ont davantage tendance à analyser le détail qu’un élément dans sa globalité.

Pour comprendre les mécanismes des intérêts restreints vous pouvez lire cet excellent article de Jean-Philippe Piat.

Evaluer le risque d’un trouble du spectre autistique

Les questionnaires

Le M-Chat est un questionnaire qui s’adresse aux parents et permet de détecter chez les très jeunes enfants (entre 16 et 30 mois) un risque potentiel. Il est téléchargeable en anglais sur le site officiel mchatscreen. Vous en trouverez également une version traduite en français dans le PDF suivant. Le M-Chat est un outil qui se décline en deux étapes : le M-Chat R, à réaliser à la maison; puis en cas de dépistage positif, le M-Chat R/F, à réaliser lors d’une consultation médicale. Si le résultat est de nouveau positif, une prise en charge de l’enfant afin de poser un diagnostic le plus rapidement possible est fortement recommandée.

De 3 à 5 ans, le formulaire E2 sera plus adapté.

Si vous suspectez un trouble de la sphère autistique chez votre enfant, et ce peu importe son âge, tournez vous vers le Centre Ressource Autisme (CRA) de votre région.

Un webdocumentaire

Benjamin Laurent et Claire Martin ont réalisé avec le concours d’Autisme France, de la FIRAH et du CRA Rhône-Alpes, un webdocumentaire sur le sujet des 1ers signes autistiques.
Ce très beau support est réalisé en motion design. Vous y découvrirez le quotidien de deux enfants fictifs aux profils différents à trois stades de leur vie (de 12 à 24 mois à la maison, de 24 à 36 mois à la crèche et enfin au-delà de 36 mois à la maternelle). A la fin des animations, une plateforme interactive vous permet d’aller plus loin dans vos connaissances.
Ce support aide autant les parents que les professionnels de santé, de l’éducation et de la petite enfance à mieux repérer les signes d’alerte et à déclencher ainsi un suivi médical pour une prise en charge précoce.

En cas de suspicion d’autisme vous pouvez également vous aidez du document de la Haute Autorité de Santé (HAS) Trouble du spectre de l’autisme – Signes d’alerte, repérage, diagnostic et évaluation chez l’enfant et l’adolescent pour savoir quelles démarches entreprendre.

 

Filles & garçons : une expression de l’autisme un peu différente

L’autisme se vit et s’exprime avec quelques nuances suivant que l’on est une fille ou un garçon.
On constate souvent que les petites filles s’adaptent mieux. Elles ont généralement des intérêts spécifiques socialement plus acceptés (animaux, art…). Leur isolement passe plus facilement pour de la timidité et elles tentent de s’adapter au groupe par processus d’imitation. Ce sont de véritables caméléons. Elles développent une plus grande habileté dans les tâches liées à l’empathie sociale.

Les garçons en revanche sont plus facilement attirés par les compétences de systématisation***, ils seront donc plus naturellement captivés par l’identification, l’analyse de l’interaction et la classification des composantes d’un système. Ce qui les amènent à développer des pôles de compétences sur des domaines souvent peu communs et surtout à manifester très jeunes des centres d’intérêts qui passent moins inaperçus et conduisent plus facilement vers un diagnostic.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire les deux articles d’Autisme Info Service concernant le dépistage :

Aménager le quotidien

Comme on peut le voir à travers les exemples cités dans cet article, certaines difficultés se chevauchent du fait qu’elles fonctionnement étroitement ensembles (ex. synchronisation de la vue et de la proprioception pour lire).

Chaque personne autiste est différente et ces signes existent de manière non uniforme chez les personnes autistes.
Ils évoluent avec le temps, souvent dans le sens de l’amélioration, surtout s’il y a une prise en charge précoce et adaptée.

Les enfants autistes mettent souvent en place des stratégies de compensation plus ou moins efficaces. Il est important de les orienter vers de bonnes ressources afin de tempérer des comportements qui freinent leur développement (évitement, ritualisation envahissantes, etc.). Ces stratégies, même lorsqu’elles sont bien exploitées, sont évidemment un facteur de fatigue très important. Il est judicieux de laisser des temps de récupération aux personnes ayant un TSA afin qu’elles n’épuisent pas toutes leurs ressources avant la fin de leur journée.

Les enfants bien accompagnés peuvent faire d’incroyables progrès. Le soutien et l’implication de la famille a un impact majeur sur le développement d’un enfant. Si vous soupçonnez un trouble du spectre autistique chez votre enfant, entourez-vous. Et surtout, continuez de croire en vous et en votre enfant, un diagnostic ne lui retire ni son potentiel, ni sa valeur.

Si vous le souhaitez, vous pouvez découvrir comment certaines personnes autistes vivent leur différence dans la partie Témoignages du blog ou encore certains parcours très inspirants dans la section Portraits.

*Gross, Muñoz, (1995) ; Gross, Thompson, (2007)
**Lazarus et Folkman, (1984)
***« The essential difference », Simon Baron-Cohen, Penguin Books, (2004)

14 réflexions sur “Autisme, les premiers signes”

  1. Merci pour ton article très clair et très complet où tu expliques bien tous les signes d’alerte dès l’âge du nourrisson.

    1. Merci Rachel ! Les parents observent souvent des signes dès les premiers mois. Mon fils par exemple dormait beaucoup bébé et a commencé à développer des stéréotypies vers 8 mois. Cependant, les premiers signes se manifestent la plupart du temps entre 12 et 24 mois et le diagnostic peut commencer à être posé à partir de 18 mois 🙂

  2. Article extrêmement intéressant qui m’a permis de mieux comprendre l’autisme … je reste toujours surpris de voir les taux de croissance de l’autisme dans nos sociétés et me demande toujours ce qui peut le déclencher, ou bien serait-ce que nous ne savions pas diagnostiquer l’autisme il y 30 ans …. Merci pour ce partage

  3. Merci pour ce partage et ce témoignage. Je reconnais beaucoup de personnes dans ces signes (dont moi, enfant.) Je vais être attentive 🙂

    1. Merci Hélène. Oui, il y a beaucoup d’adultes qui se découvrent et comprennent leur différence, à travers un livre, une connaissance, un enfant, un article… La nouvelle génération n’est pas encore diagnostiquée suffisamment tôt mais alors la nôtre c’est un abîme d’ignorance… qui a conduit, malheureusement, beaucoup d’adultes d’aujourd’hui en institutions médicalisées !

  4. Merci pour cet article très complet j’aurais aimé aussi le lire il y a 11 ans et demi. Mon loulou dormait beaucoup un bébé très sage. Puis descente aux enfers entre 2 et 4 ans le temps que le language s’installe.
    Merci pour ces informations essentielles quand on se pose des questions sur le développement de notre enfant !

    1. Merci Sabine ! Je suis allée voir votre blog et j’ai été très touchée par votre histoire. Je souhaite le meilleur à votre petit champion de bowling 🙂 Si j’ai l’occasion un jour de venir jouer avec vous, c’est sûr que c’est moi qui paierait l’apéro ^^

  5. Merci pour cet article très complet. Je suis AESH, j’accompagne une petite fille de 3 ans… je la reconnais bien dans certains aspects…

  6. Waouhh, merci pour cet article très détaillé et bienveillant.
    Il est très perturbant pour nous, parents neurotypiques, que l’autisme prenne des formes aussi différentes d’une personne à l’autre.

  7. Merci pour cet article qui est vraiment bien écrit, exhaustif et très pédagogique. Je rejoins totalement votre avis sur les différents signes et leur variante hypo/hyper.
    C’est d’après moi un guide précieux.

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Autisme, les premiers signes
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