Élève autiste en difficulté, une solution alternative : la scolarité partagée

Scolarité partagéePhobie scolaire, troubles « dys », problèmes d’attention, parfois les écueils se cumulent vite à l’école lorsque l’on a un enfant avec des besoins spécifiques.

Lorsque cet enfant est en souffrance ou en décrochage scolaire, on se demande quelles solutions lui proposer. Certains parents tentent le changement d’école, d’autres l’instruction en famille (IEF), mais il existe une alternative plutôt intéressante : la scolarité partagée.

 

1coeurLa scolarité partagée, qu’est-ce que c’est ?

La scolarité partagée vous permet d’alléger le temps en classe de votre enfant en lui faisant suivre une à quatre matières à la maison par l’intermédiaire de l’enseignement à distance. Le CNED propose un partenariat avec l’établissement scolaire de votre enfant par le biais d’une convention qui permet cette double inscription.

Cette formule est possible de l’école élémentaire au lycée. Si votre enfant a moins de 16 ans et qu’il a des droits ouverts à la MDPH, un enseignant répétiteur volontaire peut lui être attribué trois heures par semaine afin de l’accompagner dans ses apprentissages. La rémunération de cet enseignant est prise en charge par l’Education nationale.

Ainsi, votre enfant peut bénéficier de multiples avantages :

  • Soutien particulier dans certaines matières
  • Environnement social maintenu et allégé
  • Fatigabilité réduite
  • Facilité de mise en place du matériel adapté

Evidemment, ce choix demande un investissement important de la part des parents qui devront assurer une partie des cours et notamment retravailler les exercices du CNED qui ne sont pas spécialement conçus pour des enfants avec des besoins spécifiques.

Cependant, c’est un challenge qui, pour certains enfants, vaut vraiment le coup. C’est ce que nous allons découvrir avec le témoignage de Myriam qui a fait ce choix pour son fils.

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1coeurLe témoignage de Myriam

Bonjour Myriam.
Pouvez-vous nous expliquer le parcours de votre enfant et les difficultés qui vous ont poussées à choisir une scolarité alternative pour lui ?

Bonjour. En 2014, notre fils a fait un premier CP à mi-temps accompagné d’un éducateur spécialisé en ABA (Analyse appliquée du comportement). L’année suivante, il a effectué un second CP tout en augmentant progressivement le temps scolaire toujours accompagné d’un éducateur spécialisé pour passer petit à petit à un plein temps.

À l’issue du second CP notre fils a pu accéder au CE1, accompagné d’une AVSi (Auxiliaire de vie scolaire individuelle) 12 heures par semaine. Dès le départ nous n’étions pas favorable à une scolarité à temps plein. L’expérience de l’année précédente nous avait montré la fatigabilité de notre fils et ses difficultés d’apprentissages se faisaient de plus en plus précises. Il venait d’être diagnostiqué depuis peu dyslexique, dysgraphique, dysorthographique alors qu’il avait déjà eu avant ses trois ans un diagnostic de trouble du spectre autistique (TSA) sans déficience intellectuelle.

Cette année, la rentrée en CE1 s’est bien passée. Notre fils allait tous les jours à l’école sauf le vendredi après-midi. Mais rapidement, fin octobre, nous avons ressenti qu’il s’épuisait, que les résultats n’étaient pas à la hauteur. L’enseignante et l’AVSi ont commencé à tenir un discours négatif (manque d’efforts de la part de notre fils, dénigrement de son auxiliaire…) et, dépassées, elles se sont désinvesties en retirant notamment, sans nous en avertir, des aménagements spécifiques tel que l’emploi du temps visuel.

Notre fils s’est mis à avoir de gros troubles du comportement : son sommeil s’est altéré, il se mordait les lèvres et se crachait dessus, multipliait les crises avant de partir à l’école et développait beaucoup de stéréotypies, il refusait de manger. Nous avons alors demandé une ESS (équipe de suivi de scolarité) en urgence afin de pouvoir échanger avec l’école car le contact avec l’enseignante était très difficile, elle nous esquivait et ignorerait nos mots dans le cahier de correspondance.

Nous avons obtenu cette ESS en moins de deux semaines. Nous avions fait évaluer notre fils par une enseignante spécialisée dans l’autisme qui nous a confirmé sa fatigabilité et son besoin d’aménagements visuels et de reformulation des consignes. Nous souhaitions dans un premier temps diminuer le temps scolaire afin que je puisse reprendre avec lui les notions non acquises mais en raison des échanges tendus avec l’école, je me suis mise à chercher une alternative.

 

Comment avez-vous découvert la scolarité partagée ?

En cherchant sur le web. J’ai contacté le CNED (Centre National d’Enseignement à Distance) pour scolariser mon fils à domicile mais j’avais peur du contrôle. Alors la scolarité partagée était une solution assez simple et surtout l’école ne pouvait pas refuser cette proposition car nous n’étions pas dans une scolarité à la maison mais un projet d’adaptation à la scolarité.

Notre fils ayant une reconnaissance MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) ce fût plus facile. Le pédopsychiatre nous soutenait dans notre démarche, nous étions dans les temps pour effectuer la demande avant le 31 décembre et obtenir l’attribution de l’enseignant répétiteur. J’ai donc pris le taureau par les cornes car l’école et l’enseignant spécialisé parlaient d’ULIS. Or, nous pensons, mais également les professionnels qui encadrent notre enfant, que notre fils n’a pas le profil pour ce genre d’établissement.

On a tenté de nous dissuader (difficulté, contrôle, etc.) et l’école tout comme l’enseignant référent n’ont pas pu nous accompagner dans les démarches. Finalement, nous avons imposé notre choix lors de cette ESS afin que cela soit acté pour le 1er janvier.

 

Comment s’est passée l’inscription ?

Je suis allée directement à l’académie faire signer mes documents en insistant sur le fait que notre fils ne reviendrait plus à l’école pour les matières fondamentales (français et maths). Dans ces conditions les parents décident des temps de présence de l’enfant à l’école en fonction des enseignements. Notre fils y va notamment pour la découverte du monde, matière dans laquelle il excelle. Il prend maintenant plaisir à aller à l’école. Ses troubles ont diminué après un mois et demi de scolarité partagée.

 

Comment s’est déroulée la mise en place du travail à la maison ?

Pour la mise en place des cours, nous avons installé un espace de travail personnalisé. En tenant compte des recommandations de l’enseignante spécialisée (méthode TEACCH).

Nous alternons les phases d’apprentissages :

  • Temps de travail de 15 mn structuré avec un Timer,
  • 8 minutes de pose où notre enfant fait ce qu’il veut.

Nous faisons classe par phases de six semaines et les intervenants (ergothérapeute, psychomotricien, psychologue) viennent à domicile.

Nous nous rendons quatre fois par semaine chez l’orthophoniste (deux séances Padovan et deux séances ordinaires). Lors des vacances scolaires l’orthophoniste spécialisée en logico-math reçoit mon fils, l’évalue pour voir si les prérequis sont là et nous donne des exercices de remédiation à faire à la maison.

Poutre du tempsEspace de travail du matin

 

 

 

 

Je réadapte tous les supports du CNED (police et taille d’écriture avec Dys-vocal). Nous passons par la manipulation, la méthode Montessori, la carte mentale. Tout est bénéfique et notre fils progresse à son rythme.

Evidemment, cela impacte clairement ma vie sociale et mes nuits sont courtes (préparations des outils). Nous envoyons à fréquences régulières les évaluations au CNED en précisant les adaptations mises en place (dictée à l’adulte, reformulation de la consigne, etc.) afin qu’ils aient tous les éléments en leur possession pour valider les apprentissages de notre enfant.

 

Après ces quelques mois de scolarité partagée, quel est votre bilan ?

Si nous avions connu ce système plus tôt nous aurions mis cette double instruction en place dès le CP. L’accompagnement par le CNED est bien fait, proposant un guide pour les parents qui est accessible.

Notre fils respire, nous aussi. Ses troubles ont presque tous disparus.

Nous envisageons de garder ce rythme jusqu’au collège. Nos venons de faire une demande de PCH (prestation de compensation du handicap) pour notre fils car cela a un coût financier mais, malgré les sacrifices (vie sociale, aspect financier, fatigue), le jeu en vaut la chandelle !

Merci Myriam pour votre témoignage !

Cliquez ici pour voir le fichier contenant les outils de Myriam

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1coeurPour aller plus loin

Une maman qui a également testé cette formule pour sa fille partage ses outils sur son blog : les neurostars, vous trouverez ici des fiches de travail, de nombreuses informations et liens utiles.

Pour plus de renseignements sur la scolarité partagée et sa mise en place, vous pouvez par ailleurs consulter l’article suivant, mais également celui de l’Onisep ou contacter le CNED.

Si cette formule vous intéresse, pensez à vous renseigner dès le printemps pour la rentrée prochaine car il vous faudra rassembler un certain nombre de documents et d’informations pour valider l’inscription de votre enfant.

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